Des personnalités diverses discutent autour d’un café. L’humanité oblige, elles sont en désaccord.

« – Pourquoi faut-il que nous allions à ce dîner ? Ils vont forcément remarquer qu’il y a anguille sous roche, dit Sandra.

– Quelle anguille ? Quelle roche ? demande Coralie.

– Vraiment ? Il ne t’a pas échappé que nous étions trop nombreux pour nous rendre à la soirée.

– Dans ce cas, Michel devrait y aller seul, conclut la deuxième. »

Les autres manifestent bruyamment leur mécontentement.

« – Enfin, j’ai toujours rêvé d’aller dans cette villa, il est hors de question que je m’en prive ! s’exclame Arthur.

– Dans ce cas… Michel, peux-tu l’appeler pour lui demander si tu peux ramener quelques amis ? interroge Maxime. »

L’interpelé hésite, tergiverse et dit :

« – Je ne vous ai pas tout dit.

– Ah bon ? Raconte ! le prie Coralie.

– Je crois que je suis le seul invité, répond-t-il.

– Oh la pauvre, elle n’a pas d’amis, s’inquiète Coralie.

– C’est une bonne raison pour qu’on y aille tous, conclut Arthur. »

Michel rougit et dit :

« – Vous ne comprenez pas, c’est un rencard. »

Il est difficile de savoir qui était le plus surpris de cette annonce.

« – Dans ce cas, tu dois absolument y aller ! S’enthousiasme Coralie.

– Et nous devons absolument t’accompagner ! S’exclame Arthur. Je me demande à quoi elle ressemble.

– Tu l’as croisé déjà ! S’agace quelque peu Michel.

– Ah bon ? A quel moment ?

– Tu te souviens de cette soirée pour mon boulot où je devais aller ? Où tu avais fait une apparition brièvement sans mon consentement ? Tu ne pouvais pas tomber plus mal d’ailleurs… Je venais d’avoir le courage de l’aborder pour l’inviter à boire un verre quand tu es apparu en mec lourd que tu es. »

Coralie sourit.

« – Qu’est-ce qu’il a fait ? »

Michel émet un grognement.

« – Déjà, je n’aurais jamais dû lui parler de cette soirée. A partir du moment où j’ai abordé le sujet, il n’a pas arrêté de me tanner pour que je le fasse entrer. Il voulait même qu’on se fasse passer pour un couple gay pour pouvoir m’accompagner.

– Assurément, ça aurait cassé tes chances de succès avec la demoiselle susmentionnée.

– N’est-ce pas ! Finalement, il s’est dit que le meilleur moyen d’entrer était de faire semblant de connaître tout le monde.

– Et ça a marché ? Demande Maxime.

– Bien sûr. C’était hallucinant d’ailleurs. Les invités répondaient tellement bien à mes salutations qu’ils m’ont fait douter de les avoir déjà rencontrés, répond Arthur.

– Du coup, il a interrompu ma conversation avec la dame et m’a totalement évincé… Termine de raconter Michel.

– Je t’ai peut-être rendu service, tu sais. Timide, comme tu es, tu aurais paniqué et j’aurais été forcé d’intervenir pour te sortir de la panade, se moque gentiment Maxime.

– Je ne vois pas bien comment tu aurais fait, tu n’étais pas là, s’esclaffe Michel.

– Je serai venu ! »

Coralie, amusée :

« – Tu nous diras à tous quand tu sors la prochaine fois, qu’on se joigne à toi.

– C’est ce que je viens de faire pour ce soir… 

Il regarde l’heure et dit :

« -D’ailleurs, si vous voulez venir, il faut vous décider maintenant. Si je pars plus tard, je vais être en retard.

 – Si c’est un rencard, il n’y a pas à tergiverser, il faut que tu y ailles seul ! conclut Sandra. 

– Dans ce cas, pour me faire pardonner un départ aussi soudain, je vous invite !

– On va y aller aussi. J’aimerais rentrer avant que le temps ne se gâte. »

Ils disparaissent tous rapidement. Michel se lève, pose les sous sur la table et part à son tour.

La serveuse avise l’argent et l’interpelle :

« – Excusez-moi, Monsieur ! Vous vous êtes trompé, vous m’avez laissé bien trop de monnaie !

– Non, Madame, vous avez fait erreur sur l’addition, nous n’avons pas pris qu’un café… »

CD

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